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Open data et géomaticiens : « je t’aime, moi non plus »



L’open data n’en finit pas de questionner les géomaticiens. Pour preuve, la rencontre entre les deux communautés, organisée début juin par l’Afigéo, le forum français de l’OGC et LiberTIC a rassemblé près de 150 personnes à Lyon, en marge des Halles géomatiques et du salon UseIT. Et elle a apporté une certitude : acteurs de la géomatique et de l’open data ont tout intérêt à collaborer. Mais ce n’est pas facile tous les jours car, au-delà d’objectifs apparemment communs, ce sont deux cultures complètement différentes qu’il faut concilier.

C’est en mai que La Rochelle a ouvert sa plate-forme open data

Un géomaticien courtisé ?

En début de journée, Claire Gallon, fondatrice de l’association LiberTIC pensait que les géomaticiens, qui font de l’open data depuis longtemps, bien avant que la pratique d’une diffusion ouverte des données publiques ne soit à la mode dans les médias, étaient naturellement courtisés par les porteurs de projets open data. En effet, les services SIG ont la haute main sur des données déjà structurées et normalisées et s’appuient souvent sur des outils de diffusion (portails divers) déjà bien en place. En plus, leurs données sont indispensables pour donner à voir le territoire. Elles en fixent le cadre (référentiels) et permettent de représenter une grande partie des données produites par les collectivités qui ont, pour plus de 80 % d’entre elles, une clé géographique plus ou moins directe. Enfin, les données géographiques sont « sexy et facilement compréhensibles » comme l’a rappelé Michael Douchin de 3Liz. En matière de transparence de l’action publique et de dynamisation de l’innovation ouverte, il est plus facile de diffuser la couche des arbres remarquables ou celle des arrêts de bus que le détail des budgets sous forme de tableaux Excel illisibles. Mais après trois ateliers, une pause déjeuner et moultes discussions, elle reconnaissait qu’il existait bel et bien un « blues » du géomaticien. Pourquoi ?

Le site open data de la région PACA a ouvert en juillet 2012. les données géographiques y sont présentées en partenariat avec le CRIGE

Une place difficile à trouver

C’est que les services géomatiques se sentent parfois exclus de la démarche open data, voire marginalisés. Cette dernière concentre toute l’attention des élus alors que les services géomatiques peinent à faire comprendre l’importance de la constitution d’un catalogue de données et d’une plateforme de diffusion, ne serait-ce que pour être conforme aux exigences de la directive INSPIRE. Au-delà d’objectifs apparemment communs (la diffusion de données publiques), ce sont bien deux cultures qu’il faut rapprocher pour que spécialistes de l’open data et de l’information géographique travaillent ensemble.

Les objectifs entre les deux démarches sont certes proches, mais l’open data ne s’intéresse pas aux données en tant que telles. Ce sont les usages qui peuvent en être faits, par le biais d’applications innovantes, de nouveaux services aux citoyens, de meilleure compréhension de l’action publique qui motivent ses défenseurs.

Le dossier de l’open data étant souvent pris en main par le cabinet ou le service communication, il avance à un rythme qui n’est pas celui des projets géomatiques. Les premiers jeux de données sont rapidement diffusés, même imparfaits, même sur une plate-forme « à peine sèche », et le système s’améliore de version en version, en partie grâce au retour des utilisateurs et ré-utilisateurs, qui ne manquent pas de pointer les défauts et les manques tout en gardant une approche positive. Tout ceci au risque de devoir gérer des usages douteux. On connaît peu de projets SIG gérés de cette façon !

Ainsi, alors que les géomaticiens parlent normes et standards, exhaustivité et qualité, les tenants de l’open data parlent de hackatons et de démocratie participative.

Une nécessaire rencontre

Et pourtant, après cette première journée de rencontre entre représentants des deux communautés, plusieurs terrains d’entente et de collaboration semblent possibles.

D’une part, la multiplication des projets open data, qui exploitent tous plus ou moins les mêmes données (cadre géographique, description des équipements et services locaux, informations sur les transports en commun ou les vélos en libre-service...) bute sur l’hétérogénéité des formats proposés, qui limite la réutilisation par le biais d’application. Dans un petit pays comme la France, les développeurs doivent pouvoir transposer les réalisations effectuées avec les données rennaises ou nantaises à celles publiées par Bordeaux ou Marseille s’ils espèrent trouver un équilibre commercial. Sur ce sujet, les géomaticiens ont un véritable savoir-faire. Certains participent d’ailleurs aux réflexions menées dans le cadre de la démarche OpenDataFrance (http://opendatafrance.net/). Là encore, il faudra trouver un langage commun minimum et il n’est pas sûr que les projets open data passent tous par des normes OGC ou un catalogage détaillé. Ce langage commun pourrait d’ailleurs être offert par OpenStreetMap qui apparaît désormais comme une infrastructure solide et cohérente pour diffuser des données, dans un format facilement intégrable dans toutes sortes d’applications.

Les plates-formes de diffusion de données géographiques, notamment celles des IDG, s’avèrent également de bons supports pour l’open data, comme l’a montré Christophe Lefert au sujet de Pilote41 (http://www.pilote41.fr/), le portail de données territoriales du Loir-et-Cher, qui intègre désormais les données ouvertes du département. En PACA, les données géographiques qui seront diffusées dans le cadre de l’open data seront uniquement référencées sur le site dédié, mais resteront téléchargeables depuis le site du CRIGE PACA.

Un sujet commun : les usages

L’interaction doit également fonctionner dans les deux sens. L’open data n’est pas uniquement un perturbateur de géomatique, c’est aussi un « coup de pied aux fesses » salutaire par bien des aspects, qui oblige les géomaticiens à se poser une fois de plus la question des usages réels de leurs productions. Sur ce dernier point, Matthieu Noucher, chercheur au laboratoire ADES, a présenté plusieurs projets de recherche, qui intéressent autant les géomaticiens que les artisans de l’open data. Nous ne manquerons pas d’en rendre compte dans nos colonnes dans les mois à venir.

- Compte rendu complet de la journée et présentations en ligne sur le site de l’Afigéo



Toutes les Unes du mois :
  •   SIG La Lettre devient DécryptaGéo
  •   L’open data ? Un truc de brigands !
  •   OSM met la gomme
  •   Les smartphones ignorent la crise
  •   GeoRezo : de l’Erika au cap des 200 000 messages
  •   SIG La Lettre, vous en pensez quoi ?
  •   L’impossibilité d’une île
  •   Cet hiver, prenez le large !
  •   Crowdsourcing bien ordonné commence par soi-même
  •   Open data et géomaticiens : « je t’aime, moi non plus »
  •   Quand les Français s’intéressent à la géographie électorale
  •   Comment tirer le meilleur parti de vos données géographiques ?
  •   Rencontres 2012 : succès confirmé !
  •   Rencontres 2012 : un menu de choix
  •   La France en relief ? Une histoire vieille de 400 ans !
  •   Janvier 2012 : 2012 : année de la convergence parcellaire ?
  •   Décembre 2011 : www.data.gouv.fr, c’est parti !
  •   Novembre 2011 : Mais que reste-il de nos campagnes ?
  •   Octobre 2011 : Le coût d’une tuile
  •   Septembre 2011 : Les IDG régionales auraient-elles pris le pouvoir ?
  •   1er juillet 2011 : Découvrez GIS & Geomatics Intelligence
  •   Juin 2011 : Rencontres SIG La Lettre : un temps pour s’interroger
  •   Mai 2011 : Google crée le buzz à Where 2.0
  •   Avril 2011 : Mobilisation cartographique autour du séisme de Sendai
  •   Mars 2011 : Adresses et numéros de parcelles : le décret qui précise
  •   Février 2011 : Un nouveau CNIG très inspiré
  •   Janvier 2011 : La prochaine décennie sera-t-elle géolocalisée ?
  •   Décembre 2010 : Il était une fois la révolution
  •   Novembre 2010 : INSPIRE transposée
  •   octobre 2010 : L’État donne de nouveaux objectifs à l’IGN
  •   septembre 2010 : Je suis ici !
  •   Juin 2010 : Mais où sont les boîtes noires ?
  •   Mai 2010 : Un deuxième rendez-vous réussi !
  •   Avril 2010 : Données Ordnance Survey gratuites, c’est parti !
  •   Mars 2010 : Trois IDG à l’épreuve de Xynthia
  •   Février 2010 : Haïti : géomobilisation d’un nouveau genre !
  •   Janvier 2010 : Quand les globes virtuels descendent dans la rue
  •   Décembre 2009 : Messieurs les anglais, tirez les premiers
  •   Novembre 2009 : Quand Google innove… ça peut faire mal !
  •   Galileo : des chiffres qui laissent rêveur
  •   La réalité augmentée débarque
  •   RGE gratuit pour les collectivités : rien n’est moins sûr
  •   Mai 2009 : Un Cartocrime, pas si Net ?
  •   Pari réussi pour les premières Rencontres SIG La Lettre
  •   La relance en cartes et plans
  •   Mars 09 : 12 au 14 mai : rencontrons-nous !
  •   Février 2009 : De Lothar à Klaus : l’information géographique progresse
  •   Janvier 2009 : Crisis, what crisis ?
  •   Décembre 2008 : le CNIG dans la tourmente
  •   Novembre 2008 : Carto en rouge et bleu pour un président noir
  •   Octobre 2008 : Dix ans déjà !
  •   septembre 2008 : Beau palmarès aux jeux géolympiques
  •   Juin 2008 : Assises du numérique : faites entendre votre voix
  •   Mai 2008 : No frontiers !
  •   Avril 2008 : Les Géo-Grenelle récompensent la lutte contre les pesticides
  •   Mars 2008 : Géo-Evénement a 20 ans
  •   février 2008 : Le cadastre s’affiche
  •   Janvier 2008 : INSPIRE, l’heure de la mobilisation générale a sonné
  •   Décembre 2007 : RFID, GPS… bientôt un mariage de puces ?
  •   Novembre 2007 : Vers une géographie volontaire ?
  •   Octobre 2007 : Pas d’enquête sur le recensement
  •   Septembre 2007 : Grandes manœuvres mobiles aux Pays-Bas
  •   Juin 2007 : Galileo sortira-t-il de son trou noir ?
  •   Mai 2007 : Elections : des cartes mais peu d’analyses
  •   Avril 2007 : Géo-Evénement, ça se discute !
  •   Mars 2007 : Rendez-vous à Géo-Evénement 2007
  •   Février 2007 : La publicité localisée, c’est pas fini !
  •   Janvier 2007 : Les régions sont dynamiques
  •   Décembre 2006 : INSPIRE, c’est parti !
  •   Novembre 2006 : Les "idéos" de l’IGN
  •   Octobre 2006 : Libérez les données !
  •   septembre 2006 : Géoportail : lancement réussi mais démarrage laborieux
  •   23 juin 2006 Lancement officiel du géoportail
  •   Juin 2006 : Recherche tour de contrôle, désespérément
  •   Mai 2006 : Edito - Nouveau site SIG La Lettre
  •   Géo-Evénement 2006 : parcours choisi
  •   Mars 2006 : Maquette virtuelle 3D, du gadget à l’outil
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