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Mai 2009 : Un Cartocrime, pas si Net ?



En ouvrant son site Internet de cartographie des statistiques de la criminalité en France, l’Observatoire National de la Délinquance prône la transparence dans un domaine qui est l’objet de nombreux fantasmes. Grâce à ESRI France et Galigeo, des outils simples et efficaces sont désormais exploitables par tous. Mais les cartes produites sont-elles réellement compréhensibles ? Rien n’est moins sûr, compte tenu de la complexité des données présentées.

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Cartocrime-Geoclip
La carte des vols en France en 2008… pas très différente de celle de la densité de population (docs Cartocrime et GeoClip)

« Nous avons voulu offrir une fenêtre géostatistique sur la criminalité enregistrée en France par les services de police et les unités de gendarmerie » explique Alain Bauer, directeur de l’Observatoire de la Délinquance, en préambule à la conférence de presse de lancement de www.cartocrime.net fin avril. Très vite, les mots sont pesés pour présenter le contenu du site tant attendu, annoncé depuis plus d’un an. « Il n’y a aucune statistique nouvelle » prévient ainsi le directeur. Le site répond en fait à un double objectif. D’une part, il doit « démystifier la statistique de la criminalité » en facilitant l’accès du grand public (et notamment des journalistes) aux chiffres officiels qui n’étaient jusqu’à présent accessibles que par le biais de rapports complexes ; d’autre part, il fournit aux policiers et gendarmes, un outil de suivi statistique et cartographique de leur activité par le biais d’un intranet sécurisé.

Etat 4001 au départ

Les données présentées sont issues d’Etat 4001 la base qui recense tous les crimes et délits enregistrés dans les commissariats et les gendarmeries (plaintes ou opérations découvertes lors d’enquêtes), agrégés à l’échelle départementale. Les affaires sont classées selon une nomenclature en 107 postes, couvrant les domaines des atteintes aux biens, des atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes, des escroqueries et infractions financières ainsi que des infractions révélées par l’action des services. Ces données sont en fait centralisées chaque mois par la Direction Nationale de la Police Judiciaire avant d’être récupérées par l’Observatoire National de la Délinquance (OND) pour alimenter une base de données centralisée sous PostGreSQL. Outre une validation statistique par l’INHES (Institut National des Hautes Etudes en Sécurité dont fait partie l’OND), certains regroupements thématiques des 107 postes de nomenclature sont également effectués. Sur les principaux indicateurs en France métropolitaine, la base remonte jusqu’en 1996, permettant de suivre leur évolution, mois par mois, année par année. Les données recueillies par les services centraux et la police aux frontières peuvent également être intégrées, mais leur impact en termes de spatialisation est à prendre avec précaution. Là s’arrête ce que peut visualiser le grand public. Côté intranet, des éléments complémentaires d’analyse sont fournis (indicateurs plus nombreux) : répartition des plaintes déposées en gendarmerie ou auprès de la police, rapports entre les faits constatés et les faits élucidés, ainsi que différentes informations permettant de caractériser les victimes et leurs agresseurs (distinction des crimes et délits touchant les hommes et les femmes par exemple).

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Cartocrime2
Les violences sexuelles en 2008 rapportées à la population résidente de 2006.

Une interface simple

Hébergée sur le site hautement sécurisé du ministère de l’Intérieur à Strasbourg, la base de données est mise en relation avec un fond GeoFLA (départements et régions) par le biais d’un serveur ArcGis standard Entreprise 9.2. L’interface web permet de construire des cartes simples, par aplat de couleurs selon des gammes monochromatiques prédéfinies. L’Internaute sélectionne son indicateur (soit un indicateur simple, soit l’un des regroupements proposés), sa période (annuelle, mensuelle, glissante), sa méthode de division en classe (quantiles, intervalles égaux, écarts-types...) et son nombre de classes (de deux à dix). Pour les données annuelles, il peut ensuite demander une représentation sous forme de taux (rapporté à la population 2006 officielle de l’INSEE) ainsi qu’une évolution par rapport à l’année précédente. Il choisit enfin sa couleur (si la couleur officielle ne lui plaît pas, il peut en choisir une autre mais ne peut agir sur chaque poste de légende) et son « échelle » (département ou région). La carte s’affiche alors, une info bulle précise la valeur de l’indicateur choisi ainsi que quelques informations de cadrage (ainsi que les coordonnées de la préfecture). Un zoom est également possible, mais n’apporte aucune précision spatiale. La carte peut être imprimée ou enregistrée en JPEG et les données représentées sont également exportables sous forme de tableau Excel. Pas question de jongler avec les indicateurs pour effectuer des représentations plus analytiques ou synthétiques directement sur le site.

Galigeo s’est chargé de toute l’intégration technique. "Chaque carte demandée est une requête vers la base de données. Rien n’est calculé à l’avance" précise Sébastien Connesson, directeur technique de Galigeo. C’est l’outil Webigeo de l’entreprise qui est sollicité. L’interface client (commune à Internet et à l’intranet) a été développée avec la boîte à outils Java ADF. L’hébergement sur une plate-forme hautement sécurisée et les choix techniques très précis du ministère limitent un peu les performances de l’application. Par ailleurs, la notion de session de travail est absente. Chaque nouvelle construction de carte implique de repartir de la première page d’avertissement du site, ce qui peut être fastidieux quand on explore différents indicateurs.

Une cartographie à consommer avec modération

Outre les aberrations cartographiques parfois produites (la représentation de données brutes sous forme d’aplats colorés, les gammes chromatiques proposées, le découpage en de nombreuses classes... vont faire hurler les défenseurs de la sémiologie graphique), les données présentées sont délicates à comprendre. Et ce n’est pas la page de garde, qui explique en une trentaine de ligne quelques-unes des restrictions à garder en mémoire, qui évitera les mauvaises interprétations. Ainsi, les plaintes sont par exemple enregistrées sur le leur lieu de dépôt. Si votre sac à main a été volé sur une aire d’autoroute en rentrant de week-end, c’est bien dans le commissariat ou la gendarmerie proche de votre domicile que vous irez déposer plainte, grossissant ainsi la statistique des « atteintes aux biens » de votre quartier pourtant bien tranquille. De même, la représentation en taux sur la population 2006 (rajoutée ces derniers mois puisqu’elle n’avait pas été présentée lors des journées ESRI d’octobre dernier) se fait sur la population départementale ou régionale résidente ce qui est sans doute peu significatif en région parisienne ou lors des périodes estivales, où la population présente serait plus pertinente. L’échelle départementale ou régionale est également très grossière pour analyser une géographie criminelle de la France. Enfin, le rapport plainte/délit ou crime varie selon les domaines. Tous les délits impliquant un remboursement par les assurances sont consciencieusement déclarés tandis que certaines catégories de violences physiques restent peu connues. Nombreux sont également les délits qui ne font pas l’objet de dépôts de plainte et sont simplement inscrits sur la main courante. Même s’il existe un rapport réel entre statistiques de la criminalité, délinquance et sécurité, ce rapport est complexe et mérite des analyses plus approfondies. « Je mise sur l’intelligence de mes concitoyens » se défend Alain Bauer. La possibilité d’exporter en fichier tableur les données représentées permettra pourtant à chacun de se faire son petit classement personnel des départements et régions à ne pas fréquenter en quelques clics !

« Mais ce n’est qu’une première version » précise Alain Bauer qui espère bien enrichir le site de nouvelles sources de données, grâce notamment à la grande enquête de victimation actuellement en cours, et pallier aux défauts actuels de l’application. Même si l’utilisation d’outils de cartographie interactive a de quoi séduire les internautes, elle ne leur offre finalement que peu de moyens pour comprendre la criminalité dans leur pays. De véritables cartes synthétiques auraient peut-être été plus utiles, même en PDF !

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Cartocrime3
Difficile de comprendre que les violences sexuelles ont diminué entre 2008 et 2007, partout sauf dans trois départements avec cette représentation !


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  •   Novembre 2011 : Mais que reste-il de nos campagnes ?
  •   Octobre 2011 : Le coût d’une tuile
  •   Septembre 2011 : Les IDG régionales auraient-elles pris le pouvoir ?
  •   1er juillet 2011 : Découvrez GIS & Geomatics Intelligence
  •   Juin 2011 : Rencontres SIG La Lettre : un temps pour s’interroger
  •   Mai 2011 : Google crée le buzz à Where 2.0
  •   Avril 2011 : Mobilisation cartographique autour du séisme de Sendai
  •   Mars 2011 : Adresses et numéros de parcelles : le décret qui précise
  •   Février 2011 : Un nouveau CNIG très inspiré
  •   Janvier 2011 : La prochaine décennie sera-t-elle géolocalisée ?
  •   Décembre 2010 : Il était une fois la révolution
  •   Novembre 2010 : INSPIRE transposée
  •   octobre 2010 : L’État donne de nouveaux objectifs à l’IGN
  •   septembre 2010 : Je suis ici !
  •   Juin 2010 : Mais où sont les boîtes noires ?
  •   Mai 2010 : Un deuxième rendez-vous réussi !
  •   Avril 2010 : Données Ordnance Survey gratuites, c’est parti !
  •   Mars 2010 : Trois IDG à l’épreuve de Xynthia
  •   Février 2010 : Haïti : géomobilisation d’un nouveau genre !
  •   Janvier 2010 : Quand les globes virtuels descendent dans la rue
  •   Décembre 2009 : Messieurs les anglais, tirez les premiers
  •   Novembre 2009 : Quand Google innove… ça peut faire mal !
  •   Galileo : des chiffres qui laissent rêveur
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  •   RGE gratuit pour les collectivités : rien n’est moins sûr
  •   Mai 2009 : Un Cartocrime, pas si Net ?
  •   Pari réussi pour les premières Rencontres SIG La Lettre
  •   La relance en cartes et plans
  •   Mars 09 : 12 au 14 mai : rencontrons-nous !
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  •   Janvier 2009 : Crisis, what crisis ?
  •   Décembre 2008 : le CNIG dans la tourmente
  •   Novembre 2008 : Carto en rouge et bleu pour un président noir
  •   Octobre 2008 : Dix ans déjà !
  •   septembre 2008 : Beau palmarès aux jeux géolympiques
  •   Juin 2008 : Assises du numérique : faites entendre votre voix
  •   Mai 2008 : No frontiers !
  •   Avril 2008 : Les Géo-Grenelle récompensent la lutte contre les pesticides
  •   Mars 2008 : Géo-Evénement a 20 ans
  •   février 2008 : Le cadastre s’affiche
  •   Janvier 2008 : INSPIRE, l’heure de la mobilisation générale a sonné
  •   Décembre 2007 : RFID, GPS… bientôt un mariage de puces ?
  •   Novembre 2007 : Vers une géographie volontaire ?
  •   Octobre 2007 : Pas d’enquête sur le recensement
  •   Septembre 2007 : Grandes manœuvres mobiles aux Pays-Bas
  •   Juin 2007 : Galileo sortira-t-il de son trou noir ?
  •   Mai 2007 : Elections : des cartes mais peu d’analyses
  •   Avril 2007 : Géo-Evénement, ça se discute !
  •   Mars 2007 : Rendez-vous à Géo-Evénement 2007
  •   Février 2007 : La publicité localisée, c’est pas fini !
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  •   Décembre 2006 : INSPIRE, c’est parti !
  •   Novembre 2006 : Les "idéos" de l’IGN
  •   Octobre 2006 : Libérez les données !
  •   septembre 2006 : Géoportail : lancement réussi mais démarrage laborieux
  •   23 juin 2006 Lancement officiel du géoportail
  •   Juin 2006 : Recherche tour de contrôle, désespérément
  •   Mai 2006 : Edito - Nouveau site SIG La Lettre
  •   Géo-Evénement 2006 : parcours choisi
  •   Mars 2006 : Maquette virtuelle 3D, du gadget à l’outil
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