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La France en relief ? Une histoire vieille de 400 ans !



L’exposition « la France en relief » ferme ses portes le 17 février. Elle aura permis aux visiteurs de découvrir seize plans en reliefs, réalisés du XVIIe au XIXe siècle. Et d’appréhender concrètement ces outils au service de la construction nationale.

Des instruments de pouvoir

D’abord constitués par Louvois pour évaluer les défenses du royaume sous Louis XIV, les plans relief sont progressivement devenus des instruments de prestige, montrant une fois de plus que, si la carte n’est pas le territoire, dominer la carte, c’est avant tout dominer le territoire. Certaines des pièces présentées dans l’exposition ont d’ailleurs été dérobées à l’ennemi à l’issue d’une conquête. « Il n’y a pas de meilleure carte que ces plans en relief » disait Napoléon. Et quelles cartes ! Car si tout bon cartographe en a entendu parler, tous n’ont pas eu l’occasion de déambuler autour de ces objets d’exception qui ont séduit rois, empereurs et révolutionnaires, habituellement stockés aux Invalides. Des 260 plans d’origine, seule une centaine en subsiste. Seize d’entre eux ont été présentés pendant un mois dans la nef du Grand Palais à Paris.

Maquettes géantes

Ce qui frappe d’abord, c’est la taille de certaines pièces, comme le plan de Dunkerque qui atteint les 160 m², ou celui des Alpes qui fait plusieurs mètres de hauteur. Conçus à l’échelle du 1/600 (soit un pied pour cent toises), ils sont formés de nombreuses pièces de bois assemblées. Pour constituer les seize plans relief présentés lors de l’exposition, ce sont 328 tables et 4 731 pièces de piétement qu’il a fallu déménager, soit plusieurs tonnes de matériaux d’une grande fragilité. On se demande d’ailleurs si le gigantisme de certains plans n’était pas un frein à leur utilisation opérationnelle, car une vision d’ensemble n’est pas toujours possible.

Une leçon de géographie

Au-delà des places fortes qui concentrent naturellement l’attention de l’exposition et réjouissent les amateurs de Vauban, d’une réflexion bienvenue sur la notion de frontière naturelle et sur la construction nationale, ces plans reliefs nous donnent également à voir la France rurale. En effet, l’étendue de chaque plan devait englober toutes les zones atteignables par des tirs ennemis. Du coup, le visiteur découvre villes, mais surtout villages, hameaux, systèmes agraires de la France du Nord, de l’Est et du Sud étalés sur quatre siècles. Ce n’est pas une leçon de géographie militaire que nous donnent les plans relief, mais bien une leçon de géographie tout court, complète et visuelle.

Une expérience sensible

Les plans relief frappent enfin par la délicatesse de leur facture, avec leurs couleurs un peu passées, qui présentent une France plongée dans un éternel printemps. Avec leurs champs et leurs routes composées de soie hachée projetée sur un lit de colle et de sable, leurs millions de petits arbres en fils de métal et chenille de soie, de pieds de vigne (372 272 pour le seul plan de Grenoble), de maisonnettes sculptées dans du bois de tilleul, désormais courbées par les années, leurs vastes champs de céréales séparés par de minuscules haies et leurs ruisseaux délicatement encaissés et peints dans de multiples tons de bleu… Ils plongent le visiteur dans le monde enchanteur de la maquette.

De 7 à 77 ans (et même au-delà), chacun peut, à son tour, retrouver le parfum de l’enfance, quand il découvrait ses premières maquettes ou s’imaginer Roi Soleil veillant sur la France pendant quelques instants !

- Pour revivre l’exposition : http://www.rmn.fr/la-france-en-relief



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