Le mensuel de référence des Systèmes d´Information Géographique SIG la lettre
Documents > A la Une sur SIG la Lettre >

septembre 2010 : Je suis ici !



Après le succès de Foursquare, les nouveaux services de Twitter, c’est au tour de Facebook de se jeter dans la bataille de la géolocalisation avec « Places », lancé le 18 août aux États-Unis. Les réseaux sociaux ont pris leur temps pour inclure cette fonctionnalité, mais l’annonce de Facebook montre bien que l’enjeu est de taille. Si certains restent sceptiques sur l’utilité de la chose, d’autres y voient un marché juteux. Quant aux soucieux du dévoilement toujours plus avancé de notre vie privée, ils risquent de devoir remballer des arguments qui ne tiennent plus devant l’engouement général.

Rappelez-vous, en 2006, nous avions lancé, avec la complicité de Geo212, le premier concours d’applications autour des globes virtuels, dans le cadre de Géo-Evénement. Plusieurs candidats nous y avaient présenté des mash-ups pour géolocaliser les utilisateurs d’embryons de réseaux sociaux. « Amusants », « inutiles » mais bien faits, ces premiers essais résonnent désormais comme les précurseurs naïfs d’un marché qui risque de rapporter gros aux nouveaux géants du Web.

Facebook au cœur de la géolocalisation

Car si Facebook se lance dans l’aventure, c’est bien parce qu’il espère tirer profit de cette nouvelle possibilité offerte à ses quelque 500 000 millions d’inscrits, dont 20 % utilisent leur téléphone portable pour se connecter. Une fois encore, la bonne idée (pouvoir dire « je suis ici » à ses amis) n’est pas suffisante pour créer le marché et nombre de réseaux sociaux géolocalisés peinent à décoller partout dans le monde. C’est la conjonction entre la fonctionnalité et la force de frappe de l’éditeur qui change la donne. Si Facebook reste discret sur ses objectifs (autres que d’offrir de plus en plus de services à ses utilisateurs), de telles fonctions placent encore plus le réseau social personnel au cœur du quotidien. Et ont toutes les chances d’attirer les publicitaires, d’être le point d’entrée dans toutes les applications de géolocalisation spécialisées. D’ailleurs, Facebook ne s’y est pas trompé et propose des outils pour permettre aux développeurs d’exploiter sa fonction. Vous cherchez un taxi ? La station de bus ou de métro la plus proche ? Vous voulez donner rendez-vous à vos amis pour aller au concert ? Demain, c’est peut-être Facebook qui fournira l’information de base (qualifiée) aux autres services (Google y compris ?).

Se protéger ou se perdre ?

« Places » relance également le débat sur la vie privée et de nombreuses voix s’élèvent pour mettre en garde les utilisateurs de géolocalisation à tout crin, même à la CNIL qui a publié un communiqué à ce sujet mi-août, quelques jours avant l’annonce de Facebook. Interception hostile de données, utilisation publicitaire abusive, risques d’exploitation malveillante de l’information (cambrioleurs, employeurs, professeurs, parents... savent où vous êtes), profilage à outrance... nombreux sont les dangers qui guettent les accros du smartphone géolocalisé. Mais n’oublions pas que cette notion même de vie privée est toute relative, qu’elle n’a émergée dans nos sociétés occidentales que depuis deux siècles, qu’elle est largement inconnue dans bien des parties du monde (en Chine par exemple), qu’elle n’est qu’une construction mentale répondant à une certaine organisation de la société. Alors que savoir où je suis et pouvoir le dire aux autres, premier élément me permettant d’exister dans l’espace (physique, social), de m’y déplacer, répond sans doute à un besoin ancré depuis plusieurs millénaires dans notre inconscient collectif. Il y a peu de chances que l’homme du troisième millénaire renonce aux nouveaux moyens de savoir qu’il n’est pas perdu, surtout dans un monde dont la complexité ne cesse de l’inquiéter.



Toutes les Unes du mois :
  •   SIG La Lettre devient DécryptaGéo
  •   L’open data ? Un truc de brigands !
  •   OSM met la gomme
  •   Les smartphones ignorent la crise
  •   GeoRezo : de l’Erika au cap des 200 000 messages
  •   SIG La Lettre, vous en pensez quoi ?
  •   L’impossibilité d’une île
  •   Cet hiver, prenez le large !
  •   Crowdsourcing bien ordonné commence par soi-même
  •   Open data et géomaticiens : « je t’aime, moi non plus »
  •   Quand les Français s’intéressent à la géographie électorale
  •   Comment tirer le meilleur parti de vos données géographiques ?
  •   Rencontres 2012 : succès confirmé !
  •   Rencontres 2012 : un menu de choix
  •   La France en relief ? Une histoire vieille de 400 ans !
  •   Janvier 2012 : 2012 : année de la convergence parcellaire ?
  •   Décembre 2011 : www.data.gouv.fr, c’est parti !
  •   Novembre 2011 : Mais que reste-il de nos campagnes ?
  •   Octobre 2011 : Le coût d’une tuile
  •   Septembre 2011 : Les IDG régionales auraient-elles pris le pouvoir ?
  •   1er juillet 2011 : Découvrez GIS & Geomatics Intelligence
  •   Juin 2011 : Rencontres SIG La Lettre : un temps pour s’interroger
  •   Mai 2011 : Google crée le buzz à Where 2.0
  •   Avril 2011 : Mobilisation cartographique autour du séisme de Sendai
  •   Mars 2011 : Adresses et numéros de parcelles : le décret qui précise
  •   Février 2011 : Un nouveau CNIG très inspiré
  •   Janvier 2011 : La prochaine décennie sera-t-elle géolocalisée ?
  •   Décembre 2010 : Il était une fois la révolution
  •   Novembre 2010 : INSPIRE transposée
  •   octobre 2010 : L’État donne de nouveaux objectifs à l’IGN
  •   septembre 2010 : Je suis ici !
  •   Juin 2010 : Mais où sont les boîtes noires ?
  •   Mai 2010 : Un deuxième rendez-vous réussi !
  •   Avril 2010 : Données Ordnance Survey gratuites, c’est parti !
  •   Mars 2010 : Trois IDG à l’épreuve de Xynthia
  •   Février 2010 : Haïti : géomobilisation d’un nouveau genre !
  •   Janvier 2010 : Quand les globes virtuels descendent dans la rue
  •   Décembre 2009 : Messieurs les anglais, tirez les premiers
  •   Novembre 2009 : Quand Google innove… ça peut faire mal !
  •   Galileo : des chiffres qui laissent rêveur
  •   La réalité augmentée débarque
  •   RGE gratuit pour les collectivités : rien n’est moins sûr
  •   Mai 2009 : Un Cartocrime, pas si Net ?
  •   Pari réussi pour les premières Rencontres SIG La Lettre
  •   La relance en cartes et plans
  •   Mars 09 : 12 au 14 mai : rencontrons-nous !
  •   Février 2009 : De Lothar à Klaus : l’information géographique progresse
  •   Janvier 2009 : Crisis, what crisis ?
  •   Décembre 2008 : le CNIG dans la tourmente
  •   Novembre 2008 : Carto en rouge et bleu pour un président noir
  •   Octobre 2008 : Dix ans déjà !
  •   septembre 2008 : Beau palmarès aux jeux géolympiques
  •   Juin 2008 : Assises du numérique : faites entendre votre voix
  •   Mai 2008 : No frontiers !
  •   Avril 2008 : Les Géo-Grenelle récompensent la lutte contre les pesticides
  •   Mars 2008 : Géo-Evénement a 20 ans
  •   février 2008 : Le cadastre s’affiche
  •   Janvier 2008 : INSPIRE, l’heure de la mobilisation générale a sonné
  •   Décembre 2007 : RFID, GPS… bientôt un mariage de puces ?
  •   Novembre 2007 : Vers une géographie volontaire ?
  •   Octobre 2007 : Pas d’enquête sur le recensement
  •   Septembre 2007 : Grandes manœuvres mobiles aux Pays-Bas
  •   Juin 2007 : Galileo sortira-t-il de son trou noir ?
  •   Mai 2007 : Elections : des cartes mais peu d’analyses
  •   Avril 2007 : Géo-Evénement, ça se discute !
  •   Mars 2007 : Rendez-vous à Géo-Evénement 2007
  •   Février 2007 : La publicité localisée, c’est pas fini !
  •   Janvier 2007 : Les régions sont dynamiques
  •   Décembre 2006 : INSPIRE, c’est parti !
  •   Novembre 2006 : Les "idéos" de l’IGN
  •   Octobre 2006 : Libérez les données !
  •   septembre 2006 : Géoportail : lancement réussi mais démarrage laborieux
  •   23 juin 2006 Lancement officiel du géoportail
  •   Juin 2006 : Recherche tour de contrôle, désespérément
  •   Mai 2006 : Edito - Nouveau site SIG La Lettre
  •   Géo-Evénement 2006 : parcours choisi
  •   Mars 2006 : Maquette virtuelle 3D, du gadget à l’outil
  • Recherche personnalisée